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Le Bivouac, tout un art (partie 2)

Le matériel que vous possédez sera un élément important a prendre en compte pour bivouaquer. En effet l’approche sera différente en fonction du type de tente que celle-ci soit une tente de toit ou une tente de sol.

13 Le Bivouac, tout un art (partie 2)

Si vous dormez dans une tente au sol, vous aurez tout intérêt à choisir un emplacement plat, en évitant les racines, les cailloux, les bosses et, d’une manière générale, toute forme d’aspérité. Dans le même esprit, vous aurez soin d’éviter les sols détrempés et les zones de ruissellement.

Dans le désert, si vous ne voulez pas dormir sur les cailloux et si vous vous installez à proximité d’une zone ensablée, vous pourrez améliorer votre couchage en procédant de la manière suivante : délimitez un espace égal à la surface au sol de votre tente avec des pierres collées les unes aux autres, remplissez cet espace de sable en prévoyant une hauteur de confort pour ne pas être en contact avec les aspérités du sol, aplanissez bien le tout et vous disposerez ainsi d’un véritable matelas naturel…

Evitez de vous installer trop près d’un épineux surtout lorsqu’il y a du vent. Il suffit d’une bourrasque un peu violente, au montage ou au pliage, pour que votre tente vous échappe. Pas de problème si vous êtes dans un espace dégagé. Par contre, cela peut être fatal à votre toile si vous vous installez dans un endroit étriqué, en milieu forestier notamment. Les tapis de sol des tentes modernes sont aujourd’hui parfaitement étanches mais ils sont aussi très fragiles. Vous aurez donc tout intérêt à les protéger par une bâche que vous installerez sous la tente. Attention, cependant, à faire en sorte que cette bâche ne déborde pas du double toit pour éviter qu’elle se transforme en «baignoire» en cas de forte pluie.

Dans le cadre d’un bivouac «extrême», en hiver ou dans un pays froid, recouvrez votre matelas d’une couverture en laine. Cette vieille astuce de baroudeur présente un double intérêt : l’épaisseur supplémentaire vous isole encore plus du sol, bien sûr, mais surtout, elle vous isole de l’air froid emmagasiné dans le matelas. C’est d’autant plus valable pour les matelas gonflables classiques ou auto gonflants mais c’est aussi très utile sur des matelas en mousse ou à cellules fermées. Laissez de côté les couvertures de maison qui sont souvent lourdes, encombrantes et pas toujours très chaudes (à moins de prendre une «laine des Pyrénées»). Allez plutôt faire un tour dans les surplus militaires et orientez vous sur les couvertures de l’US Army. Elles sont plus fines, plus douces, moins encombrantes et surtout beaucoup plus chaudes que celles des armées allemandes et françaises. Ne laissez JAMAIS vos chaussures dehors. Dans la nuit, un visiteur «indésirable» (serpent, scorpion…) risque de s’y installer et au matin, lorsque vous voudrez vous chausser, vous pourriez avoir de mauvaises surprises. Prévoyez donc, au besoin, un sac en plastique ou mieux, un petit sac en toile, pour y ranger vos chaussures et stockez-les pour la nuit dans un coin de la tente.

Même s’il fait beau au moment où vous montez votre tente, ne lésinez pas sur les haubans et les sardines. Il est capital de bien tendre la tente au sol pour optimiser la tension de la chambre et du double toit et supprimer les plis. Rappelons au passage qu’un double toit mal tendu peut provoquer des infiltrations d’eau par capillarité sur la chambre intérieure. Il est tout aussi important de bien amarrer la tente avec tous ses haubans pour garantir une meilleure résistance au vent. Sachant que ce dernier peut se lever brusquement et à tout moment, il est préférable de bien monter sa tente dès le départ pour éviter de se lever inopinément en pleine nuit. Même si le sol est très dur, essayez quand même de planter vos sardines au maximum et sur un angle penché de 45° opposés à la tente.

Avant d’aller plus loin sur ce sujet, pensez à vous débarrasser de vos piquets d’origine. En général, la plupart des fabricants livrent avec leurs tentes, des sardines (ou piquets) en alu ou en acier galvanisé. De section ronde, trop fins et presque toujours trop longs, ces piquets ont une résistance souvent très limitée et leur efficacité dans le sable ou dans la terre meuble approche le néant absolu ! Orientez vous plutôt sur des produits plus sérieux si vous ne voulez pas que votre tente prenne son envol dès la première bourrasque. Il existe plusieurs type de sardines (ou piquets) : les sardines tubulaires à section carrée en acier (de véritables clous), très utiles pour les sols durs et les sardines plates à section triangulaire en alliage ou en alu pour les sols mous. On trouve aussi d’excellents piquets en plastique de couleur à section croisillée qui sont encore plus efficaces dans les sols meubles. Les deux premiers produits sont en vente chez Décathlon, le troisième se trouve plutôt chez les spécialistes de la montagne ou du camping-car.

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Dans le cas d’une utilisation de tente de toit, la plupart des conseils décrits plus haut, auront peu ou pas d’importance pour vous, l’essentiel étant de pouvoir installer sa voiture à plat. Dans ce cas, même si le sol est inégal, on peut dormir «à niveau» en surélevant le véhicule aux endroits stratégiques en utilisant des cales spéciales ou des pierres. A retenir, quand même, dans le cadre de bivouacs « extrêmes », la couverture en laine qu’on installe sous le duvet pour accroître l’isolation contre le froid. Suivant l’endroit où vous dormez, pensez à mettre un antivol sur votre échelle, une mauvaise plaisanterie est si vite arrivée… Certaines tentes de toit à coque rigide ont la fâcheuse tendance de prendre l’eau en cas de pluie soutenue. La toile est étanche mais, gros défaut de conception, elle rentre à l’intérieur de la coque. L’eau ruisselle donc sur les murs et va stagner au fond de la coque inférieure. A ce moment-là, le matelas en mousse se transforme en éponge et il ne vous reste plus qu’à terminer la nuit dans la voiture. Pour éviter ce genre de mésaventure, installez à demeure une bâche en nylon sous le matelas en prenant soin de faire remonter cette dernière de chaque côté, sur les murs. Comme cela, même si la coque inférieure se transforme en baignoire, le matelas restera sec au lieu de faire éponge.

Selon l’échelle que vous utilisez, si cette dernière n’est pas littéralement accrochée à la tente et que vous bivouaquez dans du sable très mou, pensez à vous équiper d’un caillebotis ou d’une dalle de sol artificiel en PVC, tel qu’on en trouve chez les spécialistes du camping car. D’ordinaire, on utilise ce caillebotis dans les campings pour créer une sorte de terrasse «en dur» qui protège de la boue, des eaux de ruissellement et des irrégularités du sol. Outre le fait qu’une dalle peut servir dans la douche, pour ne pas risquer de s’abîmer les pieds, par exemple, elle peut aussi rendre service si on la place sous les pieds de l’échelle, ce qui permettra de mieux la stabiliser et surtout, l’empêchera de s’enfoncer dans un sol très meuble.

Allumer le feu

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Après une belle étape et l’installation du campement, rien de tel qu’un bon feu pour se tenir chaud, pour préparer à manger ou refaire le monde. Voici quelques conseils pratiques pour mettre en place ces instants privilégiés sans commettre d’impair :

  • Vérifiez au préalable qu’il n’y ait pas d’interdiction communale ou préfectorale de faire du feu là où vous vous installez.
  • Déterminez soigneusement l’emplacement du feu en tenant compte d’éventuels risques d’incendie. Evitez la proximité des arbres, des tentes, des véhicules en tenant compte de la direction du vent. Gardez à portée de main de quoi éteindre le feu, au cas où il deviendrait incontrôlable. L’idéal étant de choisir, si possible, un site à l’abri du vent et à proximité d’une source d’eau.
  • Faites votre feu sur une surface rocheuse ou un sol dénudé.
  • Entourez votre feu de pierres ou, à défaut, installez-le dans une cuvette creusée à même le sol.
  • Pour que votre feu soit plus facile à maîtriser et à éteindre, limitez ses dimensions (pas plus d’un mètre de hauteur de flamme et de diamètre).
  • L’astuce pour bien démarrer votre feu consiste à ramasser des branches et des brindilles tombées qui se sont accrochées aux arbres (n’étant pas directement en contact avec l’humidité du sol, elles sont plus sèches). Sinon, ramassez au maximum du tout petit bois au sol en évitant ce qui vous semble le plus humide. Ne coupez pas du bois vif : ça ne brûle pas, ou du moins très mal et vous risquez d’abîmer inutilement un arbre.
  • Placez les éléments les plus inflammables en dessous (papier, feuilles mortes, herbes sèches) en disposant au dessus des brindilles ou du petit bois. Dès que le feu aura démarré, on recouvrira l’ensemble, peu à peu, par du bois de plus en plus gros (rondin, morceaux de souches, planches, etc…). Si le terrain est humide, il est conseillé de faire un «socle» au feu de camp avec des pierres ou des rondins, qui isoleront le papier et le petit bois de l’humidité du sol. D’une manière générale, n’utilisez que du papier ou des tablettes de combustible solidifié, en évitant au maximum des liquides inflammables.
  • Ne jetez jamais vos ordures dans le feu, surtout celles en plastique ou en aluminium !
  • Surveillez les enfants et expliquez-leur les dangers et risques d’incendies.
  • Ne laissez jamais le feu sans surveillance. Rassemblez sur le foyer l’ensemble des éléments ayant été en contact avec le feu et éteignez-le en versant de l’eau en au moins deux fois sur les cendres avant de quitter les lieux ou d’aller dormir. Assurez-vous qu’il ne subsiste aucun point chaud. Éparpillez le bois qui reste s’il n’a pas été en contact avec le feu. Laissez le moins de traces possibles.

Article rédigé par Arys Panayotou,

Arys Panayotou est journaliste essayeur pour des magazines 4×4

 

 

et aussi organisateur de RAIDS / RANDONNÉES 4×4 dans le cadre de l’organisation HELIOS

http://www.helios-organisation.com/

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